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Storie soutient le premier #FashionRevolutionDay

Rana Plaza, Dhaka, Bangladesh.
Le 24 Avril 2013, 1133 ouvriers et ouvrières textiles sont morts dans l’effondrement du complexe d’usines Rana Plaza à Dhaka au Bangladesh. Plus de 2500 d’entre eux ont été sortis des décombres gravement blessés. 1 an après, la plupart de ces familles déchirées, de ces travailleurs handicapés, n’ont toujours pas reçu la moindre compensation et vivent dans une extrême pauvreté.

Les petites mains du Bangladesh, dont 80% sont de jeunes ouvrières de moins de 30 ans, fabriquent, 10h par jour, 6 jours sur 7, dans des conditions indignes et pour moins de 50€ par mois, les vêtements de nos marques Européennes et Américaines. Auchan, Carrefour, Mango, Camaïeu et Benetton entre autres étaient clients de cette usine. La majeure partie des marques ‘Low Cost’ font appel à l’un des 3500 sous-traitants du Bangladesh, feignant de ne pas connaître la réalité des conditions de travail, et niant toute responsabilité dans les drames quotidiens qui s’y déroulent. Ce marché pèse aujourd’hui $20 milliards au Bangladesh, dont 60% sont exportés vers l’Europe et 26% vers les États-Unis.

Le 24 avril 2013, 6h du matin.

Malgré les ordres d’évacuation immédiate prononcés le 22 avril par les inspecteurs, malgré l’instabilité et la dégradation évidente des bâtiments construits sans permis sur un sol meuble, la direction menace de ne plus payer les ouvriers qui ce jour, pris de peur, refusaient de retourner travailler. Les sanctions et un service d’ordre musclé ont eu raison de ces réticences, les ouvriers ont été contraints de retourner à leur poste, et pour empêcher tout débordement, les issues de secours ont été condamnées…

A 9h, dans un fracas assourdissant, les 8 étages de l’usine s’effondrent sur ses employés.

Abir-Abdullah-EPA

1 an après.

L‘organisation mondiale du travail a mis en place un fond d’indemnisation pour aider les victimes. Sur les 30 milions promis, seuls 5 ont été versés. 10 des 28 marques incriminées ont accepté de contribuer au fond d’indemnisation. Pour les autres, la bataille judiciaire fait rage, et ces marques continuent de nier leur responsabilité tout en engrangeant des bénéfices toujours plus importants, 2.4 milliards d’euros en 2013 pour Inditex (Zara), 1,26 milliards d’euros pour Carrefour ou encore 767 millions d’euros pour Auchan.

A la suite du désastre, et surtout des nombreuses manifestations, le gouvernement a instauré un salaire minimum de 68€ par mois, une amélioration certes, mais loin des 250€ requis pour vivre dignement selon l’organisation internationale CCC (Clean Clothes Campaign) et sa campagne sur le Asia Floor Wage.

Les manifestations d’ouvriers et d’ouvrières qui revendiquent le droit à de meilleures conditions de travail continuent d’être réprimés avec la plus grande violence et dans une indifférence généralisée.

Manifestations des ouvriers textiles du Bangladesh

La délocalisation commence au Bangladesh, après avoir connu un boum économique grâce notamment à ses coûts de production inférieurs à ceux de la Chine ou de l’Inde, les marques cherchent aujourd’hui des marchés plus juteux comme la Somalie et son salaire moyen de 23€ par mois.

Un projet de loi Française.

Le projet de loi Canfin a été adopté en première lecture à l’Assemblée Nationale en Février de cette année, et sera débattu ce mois-ci au Sénat. Cette loi va modifier le code de commerce pour instaurer des principes de responsabilité sociale et environnementale pour les entreprises, multi-nationales et dérivés, en France et à l’étranger. Responsabilité « Des dommages sanitaires, environnementaux et des atteintes aux droits fondamentaux », « Dans le cadre de ses activités, de celles de ses filiales ou de celles de ses sous-traitants, toute entreprise a l’obligation de prévenir les dommages ou les risques avérés de dommages sanitaires ou environnementaux. Cette obligation s’applique aussi aux dommages résultant d’une atteinte aux droits fondamentaux. ». Bien qu’une première étape pour reconnaître la responsabilité des donneurs d’ordres, beaucoup déplorent le manque de mesures contraignantes qui rendraient la loi applicable.

Responsables ? Coupables ?

Directement, les exploitants de l’industrie textile, qui pour maximiser les commandes et le profit se jouent des lois et des règles et exploitent les populations fragilisées par la pauvreté. L’esclavage du 21e siècle qui se répend à toutes les industries manufacturières, la construction et l’agriculture.

Usine textile au Bangladesh - saybrook photography

Probablement, certaines autorités, qui ferment les yeux pour, au mieux, ménager la croissance et le développement de l’économie, au pire, bénéficier personnellement de ce ‘Boum’ économique. L’équilibre est fragile, le développement de ces industries à créé beaucoup d’emplois, contribue à la création d’infrastructures, et paradoxalement, améliore les conditions et l’espérance de vie grâce notamment à l’accès aux soins et à la vaccination, mais à quel prix ? Esclavagisme, corruption rampante, désastres sociaux et environnementaux sont monnaies courantes.

Bien entendu, les marques, qui continuent de feindre l’ignorance, qui mettent les sous-traitant sous pression, proposant des marchés aux conditions irréalistes qui induisent les dérives sociales et environnementales, et qui continuent de nier, de rejeter la responsabilité qui se perd elle-même dans un dédale Kafkaïen de vides juridiques, de filiales étrangères et de boucs émissaires.

Publicité Benetton

Complices, nous, consommateurs euphoriques du capitalisme occidental, nous avons la mémoire courte, et malgré les scandales à répétition toutes industries confondues, nous continuons inexorablement de consommer sans discernement. La réalité c’est que nous avons oublié le véritable prix des choses, le prix du travail. Quand nous achetons à bas prix, c’est que quelqu’un d’autre paie l’addition à notre place. Soit les travailleurs exploités dans des conditions déplorables, les producteurs qu’on ne rémunère pas à la hauteur de leur travail, ou encore des matériaux ou des procédés de fabrication dangereux pour l’homme et l’environnement.

Mobilisation !

Pour commémorer le triste anniversaire du désastre de l’usine Rana Plaza, un collectif mondial de célébrités, designers, fashionistas, chercheurs, intellectuels et d’ONG appellent aujourd’hui à un changement radical des modes de production de la mode et des accessoires.

Aujourd’hui, le 24 avril 2014, c’est la première édition du #FashionRevolutionDay, une journée mondiale de sensibilisation au véritable coût(s) des vêtements que nous portons, et pour intéresser les consommateurs à l’histoire des produits qu’ils achètent. Chez Storie, c’est exactement ce que nous essayons de véhiculer dans les collections que nous proposons.

#FashinrevolutionDay

Participer à cette journée est très simple, il suffit pour cela de s’intéresser quelques minutes à ce que nous portons et ce que nous achetons, connaître l’histoire #InsideOut. Renseignons-nous un peu pour en savoir plus sur les conditions de production des marques que nous achetons. Nous seuls consommateurs avons le pouvoir de changer les choses. Si nous arrêtons d’acheter quel qu’en soit le prix humain et environnemental, l’industrie s’y pliera pour s’adapter à la demande.

Nous devons exiger de savoir l’histoire réelle de nos produits, et exiger la fin de l’exploitation humaine et environnementale dans la chaîne de production des biens de consommation.

Storie a toujours cherché à raconter les histoires des produits que nous proposons, afin de savoir d’où ils viennent, leurs conditions de fabrication, l’héritage culturel qu’ils représentent, à nos yeux et à ceux qui le façonnent. Retrouvez notre dernière histoire ici avec la gamme de Bijoux Ethiques Peacebomb réalisés à partir du métal recyclé des bombes qui jonchent encore les campagnes du Laos.

Bracelets Peacebomb d'Article 22

Pour en savoir plus :

Marques participant au fond d’indemnisation à date :
C&A (Belgique), Camaïeu (France), Primark (Royaume-Uni), Bonmarché (Royaume-Uni), Premier Clothing (Royaume-Uni), El Corte Inglés, Inditex – Zara, Mango (Espagne), Mascot (Danemark), Loblaw (Canada).

Toutes les grandes marques produisent au Bangladesh dans des conditions inégales. Certaines agissent pour améliorer la sécurité de ses sous-traitants, mais toutes refusent de s’engager légalement :
Zara, H&M, Gap, Walmart, J.C Penney, Benetton, Tommy Hilfiger, Nike, Ralph Lauren…

La page de la Fashion Revolution : http://fashionrevolution.org/
La page Facebook : https://www.facebook.com/fashionrevolution.org

L’organisation mondiale pour changer la production textile : http://www.cleanclothes.org/

La pétition pour contraindre Auchan à indemniser les victimes de ses sous-traitants : http://appels-urgents.peuples-solidaires.org/

Reportage sur le drame par BFM TV : https://www.youtube.com/watch?v=MjkQcIUBYbo

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