Storie - Journee internationale des femmes 2017

Journée Internationale des Femmes : pour un monde 50-50 en 2030 – Session #2

Nous poursuivons notre voyage à la rencontre des femmes qui font de Storie ce qu’elle est aujourd’hui. Si vous avez manqué la première session, elle est à parcourir ici.

Julie Nixon

Directrice du SWIFT, Organisme de soutien, coaching et de développement économique pour les entreprises artisanales du commerce équitable du Swaziland, et directrice de la coopérative Gone Rural permettant à 800 femmes des montagnes au Swaziland de tirer des revenus de leur savoir-faire unique de vannerie en lutindzi et sisal.

Julie Nixon - Swift - Swaziland

Traitez-vous comme vous aimeriez que les autres vous traites et battez-vous pour vos soeurs!

Q : Comment ton travail créatif a-t-il changé ta vie?

Cela m’a permis de comprendre l’importance de doter les femmes de leur autonomie économique. Non seulement cela contribue à soutenir les familles et communautés mais cela donne aux femmes davantage de considération sociale .

Q : Quelle partie de ton travail est la plus intéressante ?

J’aime le fait que le commerce équitable soit une réelle alternative au modèle classique capitaliste, et je prends beaucoup de plaisir au sein du SWIFT à créer des liens qui ont du sens entre les différentes entreprises équitables du Swaziland, dans le but d’améliorer l’économie globale de ce pays.

Q : Pourquoi la journée internationale des femmes est-elle importante ?

Le changement le plus important aujourd’hui que nous pouvons réaliser est de décider que nous sommes l’égale de l’homme, de décider qu’il n’est pas normal d’être violentée, qu’il n’est pas normal d’être moins payée qu’un homme pour le même travail. Nous devons nous battre pour nos droits.

Q : Quel message voudrais-tu transmettre à l’occasion de cette journée internationale de la femme ?

Battez-vous pour votre liberté ! Traitez-vous comme vous aimeriez que les autres vous traites et battez-vous pour vos soeurs!

Siphiwe Hlatswayo and Nomsa Simelane

Fondé en 1985 par Sheila Freemantle afin de permettre aux femmes Swazi de devenir plus indépendantes, la coopérative artisanale Tintsaba aide aujourd’hui plus d’un millier de ces femmes issues des contrées rurales du Swaziland.

Artisanes de la coopérative de femmes Tintsaba - Vanneries de sisal

Nous avons appris la discipline et la détermination.

Q : Comment votre travail créatif a t’il changé votre vie ?

Travailler pour la coopérative Tintsaba nous a appris à avoir confiance en nous-même, en réalisant des actions et en relevant des défis. Nous avons appris la discipline et la détermination. Avec les revenus générés, nous achetons de la nourriture, des vêtements, nous payons les frais de scolarité des enfants et entretenons nos maisons. Nous bénéficions aussi de formations proposées par la coopérative en développement des affaires et management d’équipe, gestion des outils informatiques et informations sur des problématiques de santé.

Q : Quelle partie de votre travail est la plus intéressante ?

Nous adorons découvrir comment nos objets faits main trouvent leur place dans les intérieurs des clients et comment ils vont être utilisés.

Q : Pourquoi la journée internationale des femmes est-elle importante ?

Cette journée devrait permettre aux femmes de se soutenir, de communiquer entre-elles et de s’encourager.

Q: Quel message voudriez-vous transmettre à l’occasion de cette journée internationale des femmes ?

Soyez fortes et disciplinées. Utilisez vos mains, soyez créatives et tentez de gagner vos propres revenus.

Q: Pouvez-vous nous raconter comment s’organisent vos journées?

Nous devons tout d’abord planifier la journée, puis préparer les objets pour les commandes, vérifier la qualité des produits. Nous devons teindre notre sisal avec précaution pour obtenir les meilleures couleurs mais aussi manager les équipes sur le terrain. Et suivre au jour le jour la production des objets commandés.

Karel Mills

Créatrice de la marque Millscellanées, styliste de formation. Elle a créé avec son mari Jon, photographe, une belle collection d’accessoires qui invitent à l’évasion et au voyage, tous fabriqués en France, à Paris.

Karel MILLS - Millscellanées - Accessoires de mode Parisiens

un jour où j’aime me souvenir des femmes qui ont comptées ou qui comptent pour moi.

Q : Comment ton travail créatif a t’il changé ta vie ?

Dans mon cas, il n’y a pas eu de changement radical car j’ai toujours créé des choses… Cela fait partie de moi, c’était donc une suite logique d’en faire mon métier. Mais je peux en revanche dire pourquoi j’aime le faire… J’ai ce besoin de créer quelque chose de concret, qui a une utilité, que l’on peut tenir dans la main, c’est tellement satisfaisant de se dire « c’est moi qui l’ai fait ! », et quelle fierté lorsque l’on croise une personne dans la rue qui porte votre foulard ou votre sac !

Q : Quelle partie de ton travail est la plus intéressante ?

J’ai tout de suite envie de citer la partie créative (recherches d’idées, de formes, de matières, les voyages,etc). Mais après réflexion, je crois que c’est simplement la partie la plus agréable (!) et pas forcément la plus intéressante. La plus intéressante, c’est paradoxalement le jeu des contraintes liées à la fabrication, aux coûts… il faut en permanence trouver des solutions et c’est là que l’on doit vraiment recourir à l’imagination !

Q: Pourquoi la Journée internationale des femmes est-elle importante ?

Car il est important de se rappeler que toutes les femmes n’ont malheureusement pas les mêmes droits en fonction du coin du monde dans lequel elles vivent… Et c’est bien d’y penser au moins un jour par an ! C’est aussi pour moi un jour où j’aime me souvenir des femmes qui ont comptées ou qui comptent pour moi.

Q: Quel message voudrais-tu transmettre à l’occasion de cette journée internationale de la femme ?

La première chose qui me vient à l’esprit c’est d’envoyer un message d’espoir… J’ai la chance de vivre dans un pays qui défend les droits de la femme (même s’il y a encore du chemin à faire). Le changement positif que j’aimerais voir de mon vivant est la liberté pour toutes les femmes du monde. Qu’elles soient libres d’entreprendre, de créer, de voyager, de se cultiver…

Q : Peux-tu nous raconter comment tu travailles ?

Je suis maman d’un petit bébé de 4 mois, donc mon organisation et ma façon de travailler a quelque peu changée ces derniers temps ! En ce moment, je travaille trois jours par semaine à mon atelier/studio dans le 10eme arrondissement de Paris. C’est là-bas que je crée, façonne les formes, fais mes petites expérimentations. Mais j’imagine mes objets ou mes collections essentiellement les jours où je ne travaille pas.
Cet aspect de mon travail n’est malheureusement pas l’essentiel de mon activité. Plus de la moitié de mon temps est consacrée à la partie gestion, communication, commercialisation, je commence d’ailleurs par ça le matin en arrivant au travail.
C’est pourquoi je me considère plus comme une entrepreneur finalement qu’une créatrice… et c’est passionnant!

Beshlie McKelvie

Nomade des temps modernes, sa quête d’inspiration l’a menée dans les coins les plus reculés de notre monde. Ses collections textiles sont teintées de son travail anthropologique qu’elle a pu entreprendre en Amérique Latine, en Afrique ou encore en Asie. De plus, elle soutient activement tout projet social qui préserve les traditions artisanales, « Mon travail est une fusion de tout ce qui me passionne : la beauté des traditions artisanales, l’authenticité du travail manuel et la responsabilisation des femmes marginalisées ».

Beshlie Mckelvie - Textiles précieux

Pour l’éducation, pour la paix et pour offrir un avenir plein d’espoir pour les générations futures.

Q : Comment ton travail créatif a t il changé ta vie ?

Je suis naturellement très créative et ceci a toujours fait partie de mon identité. Je vois la vie en couleurs, motifs, formes, histoires. Je suis sans arrêt entrain d’imaginer, de raconter, de rêver, de créer, de dessiner…

Q : Qu’aimes-tu particulièrement dans ton travail ?

J’adore voyager et créer de nouvelles collections. Travailler avec les artisans me comblent de joie. Je dois pouvoir aller à la source et apprendre le processus créatif de ces artisanats traditionnels ancestraux qui traversent les âges et les générations. J’adore regarder se former le bloc de bois qui servira à l’impression de mes châles en cachemire, m’asseoir avec les tisserands qui teintent et qui tissent,
sentir le feutre des tapis Kazakh et parcourire la steppe avec les chasseur d’aigle. Voilà ce que j’aime dans le fait de partager la vie des artisans, leur culture, rencontrer leur famille et leur faire rencontrer la mienne. Ceci permet de tisser ces liens d’amitié intimes si spéciaux qui peuvent unir les designers et leurs artisans, des liens qui peuvent durer toute une vie. Et sachant cela, j’ai l’espoir d’avoir un petit impact positif sur leur vie.

Q : En quoi la Journée internationale des femmes est-elle importante ?

Cette journée permet de célébrer les femmes et d’éveiller les consciences sur les changements qui doivent s’opérer et doit permettre d’entendre s’élever leur voix. Cette une journée pour honorer les femmes et leurs droits à travers le monde, pour célébrer les changements positifs et pour se rappeler celles qui ne sont pas entendues, celles pour lesquelles nous devons résister ensemble pour l’avenir.

Q : Quel message veux-tu transmettre en cette Journée internationale des femmes ?

Je voudrais dire un grand Merci à des générations de femmes incroyables, du passé, du présent et du futur, si courageuses et si fortes. Nous devons nous battre côte-à-côte pour que les choses changent, pour l’éducation, pour la paix et pour offrir un avenir plein d’espoir pour les générations futures.

Q : Peux-tu nous raconter comment se déroulent tes journées de travail ?

Je jongle entre ma vie de maman et le travail, depuis mon studio de création situé en Grande-Bretagne dans la région sauvage des Woodlands, que j’ai arpenté pendant des mois avec mon bébé endormi pour imaginer la nouvelle collection, planifié mes nouvelles aventures. Avec ma fille d’un an et demi, nous revenons tout juste d’un séjour de 2 mois au Mexique où j’ai rencontré de talentueux artisans avec qui j’ai travaillé et amorcé de nouveaux projets très excitants. Être sur les routes avec ma petite a rendu l’aventure encore plus joyeuse. Je retournerai bientôt à Jaipur où j’ai passé beaucoup de temps dans les ateliers de création des blocs d’impression. Mes journées là-bas s’organisent autour de la création des motifs de ces blocs, mélangeant les couleurs avec les maîtres teinturiers, écoutant patiemment le son répétitif des blocs sur la table d’impression. Ainsi se déroulent les journées que j’aime particulièrement. Les mains en action, dans un moment intime de création remplissant mon coeur de joie.

Pour en savoir plus :

Interviews des Femmes de Storie par Fiona Cameron and Mathilde Thon-That.
www.unwomen.org

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