Storie - Journee internationale des femmes 2017

Journée Internationale des Femmes : pour un monde 50-50 en 2030 – Session #1

Le 8 March 2017

Savez-vous qui a fait le vêtement que vous portez, la couverture sur votre lit, le panier posé sur votre table ? Si vous l’avez trouvé chez Storie, il y a une forte probabilité qu’il ait été fabriqué par une femme, une femme qui vit loin de nous et qui fait face à des épreuves très différentes des nôtres au quotidien, mais qui en tant que femme de notre monde, doit pourtant se battre contre les mêmes problématiques de droits, les mêmes freins face à son épanouissement personnel.

Aujourd’hui, l’inégalité des salaires est une réalité bien vivante sur chaque continent, les femmes sont sous représentées dans de nombreux secteurs professionnels, et pourtant sur-représentées dans les métiers précaires et à faible revenu. La discrimination est largement répandue. Mais avec la volonté de changer, le monde pourrait avoir un visage bien différent quand les enfants d’aujourd’hui entrerons dans le monde du travail de demain.

Le thème pour l’édition 2017 est “Les femmes dans un monde du travail en évolution : une planète 50 – 50 d’ici 2030”. Le moment nous semblait propice pour nous adresser aux nombreuses entreprises sociales de femmes avec lesquelles Storie travaille, aux quatre coins du globe, et pour leur demander comment le travail à changé leur vie.

Leonor García

Femme artisane qui travaille avec PI project au Mexique. PI, Patrimoine immatériel, est une marque créée pour soutenir des savoir-faire ancestraux du milieu rural de San Luis Amatlán au Mexique. En créant de nouvelles opportunités de travail et de revenus parmi les communautés autochtones, ils luttent également contre la désertification des campagnes.

Leonor Garcia - PI project - Tenate

Nous les femmes sommes des mères et source de revenu au sein de nos foyers, chacune d’entre nous mérite d’être respectée…

Q : Comment ton travail créatif a-t-il changé ta vie?

J’ai appris à tisser les Tenates depuis que je suis toute petite, je ne pourrais pas distinguer l’avant et l’après. Je me souviens cependant de la première corbeille que j’ai finie toute seule. Avoir entre mes mains une pièce que j’avais créée à partir de quelques feuilles de palme m’a apporté une grande satisfaction.

Q : Quelle partie de ton travail est la plus intéressante ?

Ce qui est le plus intéressant, c’est quand on me commande des modèles spécifiques. Dans la communauté, toutes les femmes ne maîtrisent pas les même savoir-faire pour tresser les motifs du Tenate donc, quand je ne maîtrise pas bien un modèle ou que j’ai des doutes je demande à mes camarades pour qu’elles m’apprennent. Nous partageons souvent nos connaissances et nous essayons parfois de nouvelles idées pour arriver à faire ce qu’on nous commande. Nous faisons des expériences, créons de nouvelles pièces et apprenons ainsi de nouveaux tissages.

Q: Pourquoi la journée internationale des femmes est-elle importante ?

Je pense que cette journée est importante parce que les hommes et les femmes avons les mêmes droits, et que cette journée existe afin que les hommes réalisent que notre rôle en tant que femmes est aussi précieux que le leur.

Q: Quel message voudrais-tu transmettre à l’occasion de cette journée internationale des femmes ?

Pour toutes ces femmes qui pensent que ce qu’on fait dans notre quotidien n’a pas de valeur, il faut qu’elles s’aperçoivent que tout ce que nous faisons renforce la communauté mais surtout nos familles. Nous les femmes sommes des mères et source de revenu au sein de nos foyers, chacune d’entre nous mérite d’être respectée, peu importe la nationalité ou ce qu’on fait dans la vie.
Moi, par exemple, je suis fière de savoir que nos Tenate voyagent vers des terres lointaines et qu’ils soient appréciés parce qu’une partie de nous voyage avec ces pièces et nous recevons à travers elles la reconnaissance d’ailleurs.

Q : Peux-tu nous raconter comment tu travailles ? Comment s’organisent tes journées

Il n’y a pas un jour qui se ressemble. D’habitude je me lève tôt pour préparer le petit déjeuner de mon mari et mes deux garçons qui sont encore à la maisons, mes deux filles ont quitté le foyer une fois mariées. Quand ils partent pour le travail ou l’école je fais le ménage et les courses pour le repas, et après selon la journée, je commence a tresser les corbeilles. Je fais une pause pour préparer le déjeuner pour mes enfants et mes petits-enfants que mes filles me laissent parfois le temps de leur travail. L’après-midi je continue a faire les Tenates jusqu’à ce que mon mari rentre la nuit de son travail ou que mes filles viennent récupérer leurs enfants.
Nous, les femmes de la communauté de San Luis Amatlaán, nous sommes organisées pour aller toutes les 3 semaines au marché en groupe de 3 pour vendre notre artisanat. Grâce à ce système nous avons toutes les mêmes chances de vendre de manière équitable. Quand je travaille au marché avec mes amies, mes fils doivent s’occuper des repas et de la maison parce que je commence tôt vers 10h et nous travaillons non stop jusqu’à 18 ou 19h.

Quand nous allons à San Luis Amatlán une fois par mois, nous en profitons pour récupérer de la palme naturelle mais aussi celle que ma mère et les autres femmes de la communauté nous aident à teindre. Mais en réalité il n’y a pas un jour qui ressemble à l’autre.

Eszter Rabin – Co-fondatrice de la marque de bijoux tanzanienne SIDAÏ Designs.

La marque de bijoux Sidaï entièrement faite main est l’union entre l’héritage de la culture Maasaï et une esthétique contemporaine plus occidentale. Basée en Tanzanie, elle a pour but d’investir dans le savoir-faire traditionnel de femmes de cette tribu. En amorçant l’aide au développement de leur communauté et en créant des emplois mettant en avant leur créativité, Sidaï les rémunèrent de manière équitable.

Eszter RABIN - Sidai design - bijoux Massai

La Journée internationale des femmes permet de mettre en lumière les questions d’égalité des genres dans un cadre formel, officiel.

Q : Comment ta vie a-t-elle changé depuis que ton projet Sidai a vu le jour ?

Sidai m’a ouvert de nouvelles perspectives de vie, m’a appris la patience et l’empathie et m’a enseigné à ne jamais rien prendre pour acquis.

Q: Quelle partie de ton travail est la plus intéressante ?

Ce qui me semble le plus important dans mon travail aujourd’hui, c’est de réussir à trouver le bon équilibre entre la préservation du design traditionnel et la création d’objets contemporains qui correspondent aux attentes du marché occidental.

Q : En quoi la journée internationale des femmes est-elle importante ?

La Journée internationale des femmes permet de mettre en lumière les questions d’égalité des genres dans un cadre formel, officiel. A mon avis, le changement le plus positif qui pourrait résulter de ces journées serait une amélioration des conditions sociétales qui mènent à la discrimination des femmes.

Q : Quel message voudrais-tu transmettre à l’occasion de cette journée internationale des femme ?

Je citerai la journaliste activiste américaine Gloria Steinem: “L’histoire de la lutte des femmes pour l’égalité n’appartient pas uniquement aux féministes ni à toute autre organisation mais à tous ceux qui défendent collectivement les droits de l’homme.

Q : Peux-tu nous raconter comment tu travailles ?

Je travaille en Tanzanie à Arusha dans notre centre qui comprend l’atelier, la boutique et les bureaux. Ma journée s’organise autour des deux missions qui m’incombent; la responsabilité du fonctionnement opérationnel du centre et ma fonction de Directrice artistique. Chaque jour, j’essaie de passer un peu de temps avec les producteurs, même si ce n’est que quelques mots échangés sur la famille. Chaque jour est un nouveau challenge, chaque nouvelle journée est une nouvelle occasion d’apprendre et c’est ce qui rend cette aventure excitante.

Chica Boyriven

Artiste franco-brésilienne, Chica étudie aux Beaux-arts de Paris où elle suit les cours de dessin et de peinture dans l’atelier d’Alechinsky. L’intérêt pour les estampes botaniques des grands voyageurs des 17eme et 18ème siècles l’ont poussée à se perfectionner dans la gravure, la fabrication de papier végétal et la teinture naturelle. Cette passion se décline aussi au travers de la sculpture et la peinture, souvent inspirées de la culture de l’Amérique Latine.

Chica Boyriven - Artiste Franco-Brésilienne

La lutte continue… Soyez libres et fortes ! Et unissez-vous pour travailler ensemble et mettre en valeur votre spécificité !

Q : Comment ton travail creatif a t’il changé ta vie ?

C’est suite au décès de ma mère à l’âge de 13 ans que je me suis mise à peindre. Au départ c’était une vraie thérapie. Puis c’est devenu une nécessité, je n’ai plus pu m’en passer. Et c’est aujourd’hui devenu un art de vivre qui me pousse à être toujours plus curieuse de tout. Cela me pousse à beaucoup voyager pour découvrir d’autres cultures.

Q : Quelle partie de ton travail est la plus intéressante ?

La réalisation. le façonnage de la matière, le choix et les rapports des couleurs, la forme.

Q :Pourquoi la journée internationale de la femme est-elle importante ?

Chaque année, le droit des femmes est en perpétuelle régression dans le monde.
Elles sont pourtant de grandes créatives ! Mais malheureusement on ne leur laisse pas beaucoup de place.

Q: Quel message voudrais-tu transmettre à l’occasion de cette journée internationale de la femme ?

La lutte continue … Soyez libres et fortes ! Et unissez-vous pour travailler ensemble et mettre en valeur votre spécificité !

Q: Peux-tu nous raconter comment tu travailles ? Comment s’organisent tes journées ?

Pour travailler, j’ai besoin de me ressourcer régulièrement : voir des expositions, voyager, chiner, échanger. Puis c’est l’atelier : toute la journée et même la nuit quand je suis inspirée et si j’ai un projet. D’autres fois, la paresse est obligatoire pour faire une pause ou prendre du recul.

Pour en savoir plus :

Interviews des Femmes de Storie par Fiona Cameron and Mathilde Thon-That.
www.unwomen.org

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